L'invocation des morts et la préservation du Coran
Question : Certains gens de l'innovation, qui invoquent les occupants des tombes, disent: comment pouvez-vous dire que le mort ne profite pas, alors que Moussa, que le salut soit sur lui, nous a profité, puisqu'il fut la...

L'invocation des morts et la préservation du Coran
Question arabe
قال بعض أهل البدع الذين يدعون أهل القبور قال: كيف تقولون: الميت لا ينفع وقد نفعنا موسى عليه السلام حيث كان السبب في تخفيف الصلاة من خمسين إلى خمس، وقال بعضهم: كيف تقولون: كل بدعة ضلالة، فماذا تقولون في شكل القرآن ونقطه، كل ذلك حدث بعد رسول الله صلى الله عليه وسلم، فبماذا نجيبهم؟
Réponse arabe
أولا: الأصل في الأموات أنهم لا يسمعون نداء من ناداهم من الناس، ولا يستجيبون دعاء من دعاهم، ولا يتكلمون مع الأحياء من البشر ولو كانوا أنبياء، بل انقطع عملهم بموتهم؛ لقول الله تعالى: {وَالَّذِينَ تَدْعُونَ مِنْ دُونِهِ مَا يَمْلِكُونَ مِنْ قِطْمِيرٍ} {إِنْ تَدْعُوهُمْ لَا يَسْمَعُوا دُعَاءَكُمْ وَلَوْ سَمِعُوا مَا اسْتَجَابُوا لَكُمْ وَيَوْمَ الْقِيَامَةِ يَكْفُرُونَ بِشِرْكِكُمْ وَلَا يُنَبِّئُكَ مِثْلُ خَبِيرٍ} وقوله: {وَمَا أَنْتَ بِمُسْمِعٍ مَنْ فِي الْقُبُورِ} وقوله: {وَمَنْ أَضَلُّ مِمَّنْ يَدْعُو مِنْ دُونِ اللَّهِ مَنْ لَا يَسْتَجِيبُ لَهُ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ وَهُمْ عَنْ دُعَائِهِمْ غَافِلُونَ} {وَإِذَا حُشِرَ النَّاسُ كَانُوا لَهُمْ أَعْدَاءً وَكَانُوا بِعِبَادَتِهِمْ كَافِرِينَ} وقول رسول الله صلى الله عليه وسلم: (( إذا مات ابن آدم انقطع عمله إلا من ثلاث: صدقة جارية، وولد صالح يدعو له وعلم ينتفع به )) رواه مسلم في صحيحه.
ويستثنى من هذا الأصل ما ثبت بدليل صحيح، كسماع أهل القليب من الكفار كلام رسول الله صلى الله عليه وسلم عقب غزوة بدر، وكصلاته بالأنبياء ليلة الإسراء، وحديثه مع الأنبياء عليهم الصلاة والسلام في السماوات حينما عرج به إليها، ومن ذلك نصح موسى لنبينا عليهما الصلاة والسلام أن يسأل الله التخفيف مما افترضه عليه وعلى أمته من الصلوات فراجع نبينا صلى الله عليه وسلم ربه في ذلك حتى صارت خمس صلوات في كل يوم وليلة، وهذا من المعجزات وخوارق العادات فيقتصر فيه على ما ورد، ولا يقاس عليه غيره مما هو داخل في عموم الأصل؛ لأن بقاءه في الأصل أقوى من خروجه عنه بالقياس على خوارق العادات، علما بأن القياس على المستثنيات من الأصول ممنوع خاصة إذا لم تعلم العلة، والعلة في هذه المسألة غير معروفة؛ لأنها من الأمور الغيبية التي لا تعلم إلا بالتوقيف من الشرع، ولم يثبت فيها توقيف فيما نعلم، فوجب الوقوف بها مع الأصل.
ثانيا: الأمة مأمورة بحفظ القرآن كتابة وتلاوة، وبقراءته على الكيفية التي علمهم إياها رسول الله صلى الله عليه وسلم، وقد كانت لغة الصحابة رضي الله عنهم عربية سليمة؛ لقلة الأعاجم بينهم، وعنايتهم بتلاوته - كما أنزل - عظيمة، واستمر ذلك في عهد الخلفاء الراشدين فلم يخش عليهم اللحن في قراءة القرآن ولم يشق عليهم قراءته من المصحف بلا نقط ولا شكل، فلما كانت خلافة عبد الملك بن مروان وكثر المسلمون من الأعاجم واختلطوا بالمسلمين من العرب خشي عليهم اللحن في التلاوة وشق عليهم القراءة من المصحف بلا نقط ولا شكل، فأمر عبد الملك بن مروان بنقط المصحف وشكله، وقام بذلك الحسن البصري، ويحيى بن يعمر رحمهما الله، وهما من أتقى التابعين وأعلمهم وأوثقهم؛ محافظة على القرآن، وصيانة له من أن يناله تحريف، وتسهيلا لتلاوته وتعليمه وتعلمه، كما ثبت عن رسول الله صلى الله عليه وسلم.
وبهذا يتبين أن كلا من نقط القرآن وشكله - وإن لم يكن موجودا في عهد النبي صلى الله عليه وسلم - فهو داخل في عموم الأمر بحفظه وتعليمه وتعلمه على النحو الذي علمه رسول الله صلى الله عليه وسلم أمته؛ ليتم البلاغ، ويعم التشريع، ويستمر حتى يرث الله الأرض ومن عليها، وعلى هذا لا يكون من البدع؛ لأن البدعة: ما أحدث ولم يدل عليه دليل خاص به أو عام له ولغيره، وقد يسمي مثل هذا بعض من تكلم في السنن والبدع: مصلحة مرسلة، لا بدعة، وقد يسمى هذا: بدعة من جهة اللغة؛ لكونه ليس على مثال سابق لا من جهة الشرع؛ لدخوله تحت عموم الأدلة الدالة على وجوب حفظ القرآن وإتقانه تلاوة وتعلما وتعليما، ومن هذا قول عمر رضي الله عنه لما جمع الناس على إمام واحد في التراويح: (نعمت البدعة هذه). والظاهر دخول النقط والشكل في عموم النصوص الدالة على وجوب حفظ القرآن كما أنزل.
وبالله التوفيق. وصلى الله على نبينا محمد، وآله وصحبه وسلم.
اللجنة الدائمة للبحوث العلمية والإفتاء
عضو: عبد الله بن قعود
عضو: عبد الله بن غديان
نائب رئيس اللجنة: عبد الرزاق عفيفي
الرئيس: عبد العزيز بن عبد الله بن باز
Traduction française de la question
Certains gens de l'innovation, qui invoquent les occupants des tombes, disent: comment pouvez-vous dire que le mort ne profite pas, alors que Moussa, que le salut soit sur lui, nous a profité, puisqu'il fut la cause de l'allègement de la prière de cinquante à cinq ?
D'autres disent: comment pouvez-vous dire que toute innovation est égarement ? Que dites-vous alors de l'ajout des signes vocaliques au Coran et des points diacritiques, alors que tout cela est apparu après le Messager d'Allah, qu'Allah fasse ses éloges et lui accorde le salut ?
Que devons-nous leur répondre ?
Traduction française de la réponse
Premièrement: le principe de base concernant les morts est qu'ils n'entendent pas l'appel de ceux qui les appellent parmi les gens, qu'ils ne repondent pas a l'invocation de ceux qui les invoquent, et qu'ils ne parlent pas avec les vivants parmi les humains, même s'ils étaient prophètes. Leur œuvre s'est plutôt interrompue par leur mort, en raison de la parole d'Allah, selon le sens: "Ceux que vous invoquez en dehors de Lui ne possèdent même pas la fine pellicule d'un noyau. Si vous les invoquez, ils n'entendent pas votre invocation; et s'ils l'entendaient, ils ne vous repondraient pas. Le Jour de la Résurrection, ils renieront votre association. Nul ne t'informe comme Celui qui est parfaitement informe." Il dit aussi, selon le sens: "Tu ne peux faire entendre ceux qui sont dans les tombes." Il dit encore, selon le sens: "Qui est plus egare que celui qui invoque, en dehors d'Allah, celui qui ne lui repondra pas jusqu'au Jour de la Résurrection, alors qu'ils sont inattentifs à leur invocation ? Et lorsque les gens seront rassemblés, ils seront leurs ennemis et renieront leur adoration." Il y a également la parole du Messager d'Allah, qu'Allah fasse ses éloges et lui accorde le salut: "Lorsque le fils d'Adam meurt, son œuvre s'interrompt sauf dans trois cas: une aumône continue, un enfant pieux qui invoque en sa faveur, ou une science dont on tire profit." Muslim l'a rapporté dans son Sahih.
Sont exceptees de ce principe les choses qui sont établies par une preuve authentique, comme le fait que les morts parmi les mécréants jetes dans le puits aient entendu la parole du Messager d'Allah, qu'Allah fasse ses éloges et lui accorde le salut, après la bataille de Badr; comme sa prière avec les prophètes la nuit du Voyage nocturne; comme sa conversation avec les prophètes, que le salut soit sur eux, dans les cieux lorsqu'il y fut élevé. Fait également partie de cela le conseil de Moussa à notre Prophète, que le salut soit sur eux deux, de demander à Allah l'allègement de ce qu'Il avait imposé à lui et à sa communauté comme prières. Notre Prophète, qu'Allah fasse ses éloges et lui accorde le salut, retourna donc demander à son Seigneur jusqu'à ce que les prières deviennent cinq dans chaque jour et nuit.
Cela fait partie des miracles et des choses extraordinaires. On se limite donc, dans ce domaine, à ce qui est rapporté, et l'on ne fait pas d'analogie avec d'autres choses qui restent comprises dans le principe général. En effet, maintenir ces autres cas dans le principe général est plus fort que de les en faire sortir par analogie avec des choses extraordinaires. Il faut aussi savoir que l'analogie avec les exceptions aux principes généraux est interdite, surtout lorsque la cause n'est pas connue. Or la cause, dans cette question, n'est pas connue, car elle relève des choses de l'invisible qui ne se connaissent que par un texte de la législation. Et aucun texte de ce type n'est établi à ce sujet, a notre connaissance. Il est donc obligatoire de s'en tenir au principe de base.
Deuxièmement: la communauté a reçu l'ordre de préserver le Coran par écrit et par récitation, et de le lire selon la manière que le Messager d'Allah, qu'Allah fasse ses éloges et lui accorde le salut, leur a enseignee. La langue des Compagnons, qu'Allah les agrée, était alors un arabe sain, en raison du petit nombre de non-Arabes parmi eux, et leur soin apporte a sa récitation, tel qu'il fut révèle, était immense. Cela continua a l'époque des califes bien guides: on ne craignait pas pour eux les erreurs de lecture du Coran, et il ne leur était pas difficile de le lire depuis le mushaf sans points ni signes vocaliques.
Puis, lorsque vint le califat de Abd Al-Malik ibn Marwan, que les musulmans non arabes devinrent nombreux et qu'ils se melerent aux musulmans arabes, on craignit pour eux les erreurs dans la récitation, et il leur devint difficile de lire depuis le mushaf sans points ni signes vocaliques. Abd Al-Malik ibn Marwan ordonna donc de mettre les points et les signes vocaliques dans le mushaf. Al-Hasan Al-Basri et Yahya ibn Ya'mar, qu'Allah leur fasse miséricorde, s'en chargerent; ils faisaient partie des tabi'in les plus pieux, les plus savants et les plus fiables. Cela fut fait afin de préserver le Coran, de le protéger contre toute alteration, et de faciliter sa récitation, son enseignement et son apprentissage, comme cela est établi du Messager d'Allah, qu'Allah fasse ses éloges et lui accorde le salut.
Par cela, il apparaît clairement que les points du Coran et ses signes vocaliques, même s'ils n'existaient pas a l'époque du Prophète, qu'Allah fasse ses éloges et lui accorde le salut, entrent dans l'ordre général de le préserver, de l'enseigner et de l'apprendre selon la manière que le Messager d'Allah, qu'Allah fasse ses éloges et lui accorde le salut, a enseignee a sa communauté, afin que la transmission soit accomplie, que la législation se generalise, et qu'elle demeure jusqu'à ce qu'Allah herite de la terre et de ceux qui s'y trouvent.
Ainsi, cela ne fait pas partie des innovations religieuses. En effet, l'innovation religieuse est ce qui est introduit sans qu'une preuve particuliere ne l'indique, ni une preuve générale qui l'englobe avec d'autres choses. Certains de ceux qui ont parle de la Sunna et des innovations appellent ce genre de chose un intérêt non explicitement mentionne, et non une innovation religieuse. On peut aussi l'appeler innovation du point de vue de la langue, parce que cela n'avait pas d'exemple précédent; mais non du point de vue de la législation, car cela entre dans les preuves générales indiquant l'obligation de préserver le Coran, de le parfaire en récitation, en apprentissage et en enseignement. C'est de ce type que relève la parole de Umar, qu'Allah l'agrée, lorsqu'il rassembla les gens derrière un seul imam pour les prières de nuit de Ramadan: "Quelle excellente innovation que celle-ci." Ce qui apparaît est donc que les points et les signes vocaliques entrent dans les textes généraux indiquant l'obligation de préserver le Coran tel qu'il fut révèle.
Et c'est Allah qui accorde la réussite. Qu'Allah fasse les éloges de notre Prophète Muhammad et lui accorde le salut, ainsi qu'à sa famille et ses Compagnons.
Le Comité permanent de la recherche scientifique et de la fatwa
Membre: Abd Allah ibn Qu'ud
Membre: Abd Allah ibn Ghudayyan
Vice-président du Comité: Abd Ar-Razzaq Afifi
Président: Abd Al-Aziz ibn Abd Allah ibn Baz
Savant / institution : Al-Lajna ad-Daima / اللجنة الدائمة للبحوث العلمية والإفتاء
Source : Fatawa de la Commission Permanente, volume 1, fatwa n. 2213, p. 112-115








